Montagne Arc-en-ciel : la mise au point de quelqu'un qui y est allé
Mon réveil a sonné à 2h40. À 3h15 j’étais assis dans un minibus froid dans le noir devant mon auberge, et le temps d’atteindre le départ du sentier j’étais éveillé depuis quatre heures sans avoir vu une seule chose à part des phares et la nuque d’un guide. C’est la partie de l’expérience de la Montagne Arc-en-ciel que la grille Instagram laisse de côté, alors laissez-moi la combler.
Ce que les photos ne vous disent pas
Le fameux cliché — ces rayures couleur bonbon sous un ciel bleu parfait — est réel. Je l’ai sur mon téléphone. Mais voici le contexte autour : je me tiens à 5 036 mètres, mon cœur cogne, je vois à peu près deux cents autres personnes qui font la queue pour prendre exactement la même photo du même endroit, et une femme devant moi est aidée à descendre par deux porteurs parce qu’elle ne peut plus respirer.
Les couleurs sont de la vraie géologie, pas un filtre, causées par l’oxydation minérale dans le sédiment. Par temps clair, elles sont saisissantes. Par temps couvert — ce qui est une vraie possibilité en saison des pluies — elles s’estompent au point de décevoir, et vous avez fait toute la souffrance pour une crête grise et plate. Personne ne réserve un remboursement pour mauvais temps.
L’altitude, c’est toute l’histoire
J’étais à Cusco depuis cinq jours avant d’y aller, ce qui est la seule raison pour laquelle j’ai atteint le sommet sans vomir. Les gens qui arrivent en avion et tentent la Montagne Arc-en-ciel au deuxième jour font régulièrement demi-tour. Vinicunca est plus haut que le camp de base de l’Everest. Laissez ça infuser une seconde.
La marche en elle-même n’est pas technique — c’est une montée progressive sur un large chemin de terre — mais à cette altitude même une montée douce donne l’impression de patauger dans du sable mouillé. Je suis raisonnablement en forme et je m’arrêtais haleter toutes les quelques minutes près du sommet. Les derniers 300 mètres de dénivelé m’ont pris plus longtemps que le premier kilomètre.
Si vous ne vous êtes pas acclimaté correctement, ne faites pas ça. Je ne peux pas le dire plus clairement. J’ai vu ça ruiner des journées et, dans un cas, renvoyer quelqu’un au van à cheval, blanc comme un linge. La page conseils d’altitude pour la Montagne Arc-en-ciel va plus loin, mais passer plusieurs jours à Cusco ou dans la Vallée Sacrée d’abord est non négociable.
La question du cheval
Des cavaliers locaux longent le sentier en proposant des montées à environ S/ 80-100 (22-27 USD), et il n’y a aucune honte à en prendre un. Je ne l’ai pas fait, par entêtement, et je l’ai à moitié regretté dans la montée finale. Les chevaux ne peuvent pas vous emmener tout le chemin — la dernière section raide se fait à pied de toute façon — mais ils coupent le pire de la corvée. Si vous galérez, hélez-en un. Ce n’est pas tricher ; c’est le jeu malin, et ça soutient les familles qui vivent là-haut.
La foule et le timing
La raison du départ sauvage aux aurores est de devancer la foule et la météo de l’après-midi, et ça marche à moitié. On est arrivés au point de vue vers 8h et c’était déjà bondé. Le temps qu’on parte à 9h30, c’était une cohue. Les groupes partis de Cusco une heure plus tard que nous montaient dans un mur de touristes qui descendaient.
Honnêtement, la foule est ce dont je préviendrais le plus les gens maintenant. Ce n’est pas une communion sereine avec la montagne ; c’est un tapis roulant touristique géré avec une belle récompense au bout. Si la solitude compte plus pour vous que les couleurs précises, Palccoyo est l’alternative plus calme — plus basse, plus facile, trois crêtes colorées au lieu d’une, et une fraction des gens. Je les compare correctement dans Vinicunca vs Palccoyo.
Ce que ça m’a coûté
J’ai réservé via une agence en boutique à Cusco la veille pour S/ 90 (environ 24 USD), ce qui incluait transport, petit-déjeuner, déjeuner et un guide. Les S/ 25 (7 USD) de droit d’entrée au parc étaient en plus et payés à l’entrée en liquide. Ce prix bas venait avec des compromis : un van bondé, un petit-déjeuner expédié dans une salle au bord de la route, et un guide qui surtout comptait les têtes.
La deuxième fois, quand une amie est venue, on a réservé une excursion en petit groupe plus fiable à l’avance pour ne pas parier sur la loterie de la veille :
Excursion d’une journée à la Montagne Arc-en-ciel de Vinicunca depuis CuscoÇa a coûté plus cher, le van était moins serré, et l’arrêt petit-déjeuner était civilisé. Que ça vaille le supplément dépend de combien le fait d’être parqué vous dérange.
Alors, ça vaut le coup ?
Voici ma réponse honnête, qui change selon le jour où vous me posez la question.
Si vous êtes acclimaté, que la météo coopère, et que vous pouvez digérer la foule et un départ brutal aux aurores : oui, c’est un paysage vraiment étrange et beau comme nulle part ailleurs, et je suis content d’y être allé.
Si vous manquez de temps, n’êtes pas acclimaté, ou cherchez une expérience paisible dans la nature : non, et je vous orienterais plutôt vers Palccoyo ou le lac Humantay, qui m’ont tous deux donné plus de plaisir pour moins de misère.
Ce que je dirais à mon moi d’avant le voyage, c’est ceci : c’est une corvée dure, froide et bondée vers un point de vue qui se trouve être spectaculaire. Allez-y en le sachant, avec des attentes réalistes et des jambes acclimatées, et vous l’adorerez probablement. Allez-y en attendant une séance photo facile et vous passerez la descente furieux contre internet. Le tableau complet est dans le guide la Montagne Arc-en-ciel en vaut-elle la peine si vous hésitez encore.
Je suis content de l’avoir fait une fois. Je n’ai aucune envie de recommencer. Faites-en ce que vous voulez.
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